Caméra ST-9E

L'Observatoire a acquis en janvier 2000 une caméra digitale spécialisée pour l'observation astronomique: une caméra CCD. Fabriquée par la compagnie SBIG Astronomical Instruments, la caméra ST-9E comporte un détecteur hypersensible de 512 par 512 pixels. Sa sensibilité est telle que l'on peut facilement distinguer la nébuleuse M57 avec une exposition d'une fraction de seconde seulement. D'ailleurs, il a fallu obtenir un catalogue spécial (le USNO A2.0 de 11 CD-ROMs) puisque nos photographies comportaient régulièrement des étoiles trop faibles pour être identifiables par les autres catalogues. Grâce à celui-ci, il est maintenant plus facile de distinguer les astéroïdes des étoiles.

La caméra ne fait pas la différence entre les couleurs, elle n'enregistre que l'intensité lumineuse. Pour réaliser des clichés couleurs, il faut utiliser trois filtres: rouge, vert, et bleu. Il s'agit de prendre une photographie avec chacun de ces filtres pour ensuite combiner le tout en un cliché couleur. Ceci se fait à l'aide d'une roue de filtre, la CFW-8, que l'on place entre la caméra et le télescope et que l'on contrôle avec l'ordinateur. Cette roue possède aussi deux autres filtres: un filtre lunaire neutre pour la photographie d'objets brillants, et un filtre transparent pour les photographies en noir et blanc.

La caméra comporte en fait deux détecteurs: un grand pour les images et un petit pour le guidage. Le détecteur pour le guidage est positionné sur une étoile brillante; un logiciel analyse son image et envoie des commandes à l'entraînement du télescope pour corriger le guidage en temps réel en cas de besoin.

En même temps que la caméra et la roue de filtre, nous avons acheté un appareil d'optique adaptative, le AO-7, qui permet de corriger une partie de la turbulence atmosphérique et ainsi d'obtenir des images plus nettes. Le principe est en gros le même que pour le guidage mais les commandes sont plutôt envoyées à un petit miroir qui peut se déplacer et corriger le mouvement de vibration dû à la turbulence. Cet appareil se place entre la caméra et le télescope.

Tous ces appareils sont peu utiles si la mise au point du télescope n'est pas bonne. Nous utilisons pour cette raison un porte-oculaire motorisé, le NGF-DX1M de Jim's Mobile. Ce porte-oculaire comporte une interface digitale permettant de le contrôler par ordinateur dans le but d'obtenir une mise au point plus rapide et presque parfaite. La mise au point se fait maintenant de façon automatique, ce qui nous laisse alors beaucoup plus de temps pour faire des photos!

Finalement, nous utilisons depuis mars 2003 une Quickcam Pro 4000 de Logitech modifiée pour photographier les planètes. L'acquisition de plusieurs images couleur en peu de temps (par l'entremise du vidéo) donne la possibilité de faire un tri pour n'utiliser que les images dépourvues de turbulence. Autrement, il faut espérer que les trois images (rouge, vert, bleu) successives obtenues avec la caméra CCD soient toutes exemptes de turbulence, sinon il est impossible de recréer une image couleur de bonne qualité. En plus, certaines planètes comme Jupiter tournent tellement vite sur elle-même que l'on ne peut combiner que des images prises dans un très court lapse de temps.

La prochaine étape sera de réaliser un spectrographe qui sera jumelé à la caméra CCD. Il sera alors possible de connaître la composition des objets célestes ainsi que de mesurer leur vitesse par rapport à la Terre.